Une ville pour tous au lieu d’AGGLOlac

Papier de position de la JS Bielingue au sujet du projet AGGLOlac. Adopté lors de l’assemblé des membres du 16.05.2017.

Pour le projet AGGLOlac planifié dans la commune de Nidau, une des meilleures parcelles de terrain public de Bienne serait vendue à la MOBIMO SA. En tant que JS, nous nous défendons contre cette idée de maximisation du profit aux dépens du contrôle démocratique du sol. Pour cette raison, la JS soutient la motion proposée par les deux parlementaires JS Levin Koller, Miro Meyer, ainsi que d’autres qui exige que la parcelle sur laquelle AGGLOlac est prévu ne soit pas vendue, mais mise à disposition tout au plus sous la forme de droit de construction.

Le marché immobilier sous pression

Depuis la première introduction en bourse d’entreprises immobilières suisses au début du 21ème siècle, le marché de l’immobilier a énormément changé. Les entreprises cotées en bourse comme Mobimo, Swiss Prime Site, PSP, Allreal et les fonds immobiliers du CS et de l’UBS ont énormément agrandi leur influence, ce qui a engendré des conséquences majeures. L’objectif commercial des groupes immobiliers consiste uniquement en une génération maximale des rendements, ce qui se constate autant dans le type de projet de construction que dans les prix élevés des loyers. Cette pression de maximisation des gains est particulièrement élevée pour les entreprises qui comme Mobimo sont cotées en bourse. Ainsi, il y a un combat concurrentiel pour le sol et la terre lors duquel les grandes entreprises ont un avantage certain grâce à leurs grands moyens financiers. Les modèles alternatifs comme les coopératives sont de plus en plus exclus du processus. Cela implique également une exclusion des buts sociaux pour lesquels les coopératives se mobilisent, et ce au profit de la logique de maximisation des gains des grandes entreprises et de leurs investisseurs (pour l’exemple de Mobimo il s’agit de Blackrock, un des plus grands gestionnaire de fortune, qui est très controversé). Les développements guidés par la logique du profit dans le marché de l’immobilier accélèrent le processus de la gentrification.

Stoppez la gentrification

La gentrification définit un processus de valorisation de la ville, qui est accompagné par un refoulement social et spatial des couches de la population moins aisées – ainsi, habiter dans le centre de la ville devient financièrement impossible pour la majorité de la population. Contrairement à beaucoup de grandes villes suisses, ce processus est peu avancé à Bienne. Le projet AGGLOlac a cependant le potentiel de retourner la situation. En effet, les appartements qui seront créés dans le cadre de ce projet se trouveront dans la partie supérieure des classes de prix et un mélange des couches sociales sera ainsi peu probable. En même temps, une grande partie des espaces libres au bord du lac seront perdus et l’accès au lac sera restreint avec ce projet. Les espaces et les passages publics planifiés ne pourront pas compenser ces pertes, car l’animation urbaine et les espaces ouverts se combinent mal avec les quartiers résidentiels des gens aisés. Des plaintes générales et au sujet de la nuisance sonore seront inévitables. De plus, il n’est pas certain que l’on trouve réellement assez de locataires financièrement capables de vivre dans ce quartier. Le risque de construire une ville fantôme avec des bâtiments de luxe vide existe. Ce ne serait pas la première fois qu’un projet de Mobimo finisse de cette manière.

Vision alternative

Même si nous refusons le projet AGGLOlac, nous ne sommes pas en général contre la construction d’une nouvelle infrastructure sur les terrains en friche actuellement, car l’aménagement du territoire se doit de densifier les villes. Mais nous avons une autre ville en tête. Une ville qui est façonnée par la population. Une ville qui propose des espaces libres, dans lesquels chacune et chacun peut habiter, vivre et s’épanouir sans logique de consommation. Personne ne doit être exclu-e en raison de son revenu moindre. Une construction d’habitations faite de manière sociale, qui répond aux besoins de chaque couche sociale peut atteindre cela. Mais, dans les mains d’une grande entreprise comme Mobimo, qui fonctionne selon la logique de la maximisation du profit, ce sera impossible. Le sol doit être sous contrôle démocratique, que ce soit par le secteur public ou par des coopérations, pour permettre une politique de ville progressiste et sociale. C’est la seule manière possible de donner une possibilité de conception et de décision aux citadin-e-s.

Conclusion

La JS Bielingue considère le sol comme un bien comparable à l’air et à l’eau, c’est-à-dire qu’aucun humain ne doit être exclu de la possibilité de son utilisation. Pour cette raison, le sol ne doit pas être privatisé. Il est scandaleux que l’on veuille offrir le sol à prix cassé à une grande entreprise orientée vers la maximisation des gains. La JS Bielingue se prononce pour cette raison contre le projet AGGLOlac et appelle le PS Bienne et le PS Nidau à se remémorer nos valeurs sociales-démocratiques, à se décider pour les espaces ouverts et à combattre ce projet. Aussi, nous appelons la population locale à s’opposer activement au projet.

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