Discours du 1er mai

05.05.2026 - Vincent Frei (er/il)

Tenons-nous ensemble et solidairement contre le capitalisme, le fascisme, le patriarcat et toutes les formes d’oppression !

Le 1er mai 2026, journée de lutte des travailleurs et travailleuses, Nina Schlup et Vincent Frei ont prononcé ensemble un discours à Bienne, en présence du conseiller fédéral socialiste Beat Jans.

Monsieur Jans, je ne suis pas d'accord avec vous ! Où reste l'humanité ? De droit du mouvement libre est un droit humain même s'il n'y a pas d'avantages économiques pour la suisse.

Regarder le monde aujourd’hui ne donne aucun courage, et pourtant c’est indispensable : dans toutes les régions de cette planète, les guerres et les crises apportent misère et souffrance, tout en rendant quelques-un·e·s encore plus riches. Regardons par exemple le Rojava.

Il y a dix ans, l’Europe profitait des mouvements de résistance locaux et luttait à leurs côtés contre le terrorisme. Maintenant que nos propres intérêts sont satisfaits, nous les abandonnons.

Alors que le projet d'autogestion du Rojava est massivement attaqué depuis le début de cette année par le soi-disant gouvernement de transition syrien, le chef de ce gouvernement, Al-Shara (Jolani), est invité en Europe pour conclure des accords pétroliers et pour que les présidents européens puissent sécuriser leur intérêts de capital en Syrie.

Où est le soutien suisse aux projets féministes comme celui du Rojava ?
Où est l'humanité ? À partir d'aujourd'hui, le 1er mai 2026, les ressortissants syriens peuvent à nouveau être expulsés vers la Syrie sans protection devant le droit suisse
Où est passée l’aide de la Suisse soi-disant humanitaire ?

Mais cette problématique ne se limite pas uniquement au Rojava.

Même qu’un cessez-le-feu à été déclaré en automne de l’année passé, le génocide au peuple palestinien continue.
Depuis le 10 Octobre 2025, quand le cessez-le-feu à été déclaré, au moins 738 personnes sont mortes en palestine, selon le ministère palestinien de la santé

Et que fait la Suisse ?

Elle emboîte le pas aux États-Unis dirigés par des forces fascistes, qui s’appuient sur Israël pour concrétiser leurs fantasmes impérialistes dans la péninsule arabique. Des banques suisses comme UBS investissent massivement dans Elbit Systems, principal fournisseur d’armes et de munitions en Israël.

Nous continuons à trouver que « c'est compliqué », pas de sanctions. L'antisémitisme continue d'être utilisé comme prétexte à l'inaction. La lutte contre l'antisémitisme est extrêmement importante, mais elle ne doit pas être instrumentalisée pour freiner le combat pour l'humanité. Le gouvernement israélien sioniste et méprisant de la dignité humaine doit être clairement dissocié de la population juive à travers le monde. Le gouvernement israélien et ses soutiens sont responsables du génocide qui se poursuit encore aujourd’hui en Palestine.

Mais les crises humanitaires au rojava et en palestine ne sont pas les seuls. Au Soudan, 10 à 14 millions de personnes ont été déplacées — l'OMS qualifie la situation de plus grande crise humanitaire au monde.

Pendant que l’Europe conclut des accords avec le Rwanda, nous ignorons que cela contribue au pillage des mines d’or et à la destruction de la société civile en République démocratique du Congo, tout en alimentant davantage la guerre civile qui s’y déroule.

Au Venezuela, plongé depuis des années dans une profonde crise économique, Maduro a été arrêté illégalement par le gouvernement américain en violation du droit international.

Au Sahara occidental, les conséquences de l’impérialisme européen et des intérêts capitalistes dans des régions riches en ressources conduisent à des lignes de front de plus en plus rigides dans le conflit pour le contrôle du territoire, au sein duquel les populations locales souffrent profondément.

À Cuba, l'embargo pétrolier américain provoque une crise énergétique dont souffre avant tout la population.

Au Liban, à la suite d’attaques massives menées par le gouvernement israélien, plus de 800 enfants ont été blessé·e·s ou tué·e·s depuis mars 2026. Plus d’un million de personnes, dont 390 000 enfants, ont été forcé·e·s de fuir.

L’Europe et l’Occident n’ont aucun intérêt à résoudre ces crises. Lorsque les pays occidentaux s’intègrent dans ces conflits, il ne s’agit pas de défendre l’humanité – il est évident, encore et encore, que ce sont les intérêts capitalistes qui priment.

Cela vaut aussi pour la Suisse.

L’État suisse place les intérêts de l’économie suisse au-dessus de ceux de sa propre population et de ceux des populations du monde entier. Et cette économie suisse profite des guerres et n’a aucun intérêt à leur fin, puisqu’elle est en grande partie portée par des entreprises d’armement. Alors que le lobby de l’armement influence de manière déterminante la politique suisse, comme on peut le voir par exemple avec la loi sur le matériel de guerre, le service public en Suisse est démantelé par des coupes budgétaires, et les entreprises ainsi que les ultra-riches bénéficient régulièrement de cadeaux fiscaux.

Alors que les travailleur-eues en Suisse sont exploités par leurs employeurs, les entreprises suisses exploitent des populations d’autres régions du monde. au bout du compte, seuls les super-riches en profitent.

C’est pourquoi une solidarité internationale des travailleur·euse·s est nécessaire.

C’est pourquoi notre lutte pour une vie meilleure pour tou·x·t·es ne doit pas s’arrêter à Bienne. Nous ne devons pas oublier de regarder au-delà de nos propres frontières. Nous ne devons pas oublier que les droits dont jouissent aujourd’hui les travailleur-euses n’ont pas été offerts par bienveillance.

Des acquis tels que la semaine de cinq jours, la journée de huit heures, l’assurance-accidents ou la prévoyance vieillesse ont été arrachés au prix de luttes longues et acharnées.

Tout comme le capital est organisé à l’échelle mondiale, l’oppression l’est aussi. Nous devons donc lutter à l’international pour que l’humanité passe avant le profit.

Notre action a un impact direct : ainsi, des grèves portuaires en Italie, sous le slogan « Blocchiamo Tutto » (Bloquons tout), ont permis d'empêcher des exportations d'armes. Lors des manifestations associées, des dockers en grève se sont joints à des étudiants en grève et ont bloqué pendant plusieurs jours le réseau maritime et ferroviaire en Italie.

Et pour celleux qui cherchent des possibilités d’action concrètes en ce moment : actuellement, une nouvelle Global Sumud Flotilla, composée de plus de 70 bateaux et de plus de 1 000 militant·e·s, est en route vers Gaza afin de briser le blocus maritime illégal, d’acheminer des biens de première nécessité comme de la nourriture et du matériel médical, et d’attirer l’attention sur la situation.

Mais hier, elle à été interceptée illégalement par les forces israéliennes sur les eaux internationaux devant crète. Cela est contraire au droit international et doit être clairement condamné par le Conseil fédéral!

Montrons-leur notre solidarité ! Vous aussi, Monsieur Jans !

Nous ne pouvons pas prétendre que le problèmes de personnes ailleurs nous ne concernent pas! Car les guerres et la politique d’austérité suisse ont une cause commune : le capitalisme.

Tenons-nous ensemble et solidairement contre le capitalisme, la montée du fascisme, le patriarcat et toutes les formes d’oppression !