Programme électoral

Programme électoral de la JS du Canton de Berne

En tant que jeunes socialistes (JS) nous luttons pour une société juste et libérée de toute exploitation,discrimination et opression. Nous revendiquons une société définie par la sécurité, la participation et la liberté. Nous voulons renverser les systèmes injustes tels que le capitalisme et le patriarcat en nous battant pour un monde écosocialiste et féministe. Nous nous engageons à tous les niveaux pour réaliser cette vision.

Ces quatre dernières années, le canton de Berne a été régi par la droite et marqué par la stagnation et la régression. Le congé parental, le droit de vote à 16 ans, l’initiative pour l’énergie ont été refusés, les multinationales ont bénéficié de cadeaux fiscaux, alors que le canton applique des mesures d’austérité dans de nombreux domaines, il décide d’augmenter les taxes d’étude et fait passer une révision inhumaine de la loi sur l’aide sociale.

Il faut affronter cette évolution! Le canton de Berne doit enfin virer à gauche et prendre le chemin vers un futur qui vaut la peine d’être vécu. Dans la rue et dans les parlements, nous luttons pour une politique antifasciste, queerféministe et pour les 99%.

Pour les 99%

Le pouvoir d’achat de la population diminue, les attaques contre les droits des travailleur·euses augmentent et nous sommes touché·es par la plus grande crise de notre époque; la crise climatique. Il est plus que jamais urgent d’élever le bien de l’humanité au-dessus des profits, notamment dans les domaines du travail, de l’habitat et de la mobilité. Le canton de Berne doit montrer le chemin en créant des structures sociales résilientes, en renforçant les droits des travailleur·.euses, en érigeant un service public qui ne délaisse personne et une politique climatique digne de ce nom.

Des conditions de travail justes et des revenus sûres

  • Salaire minimum: Un salaire minimum de 5000.- et de 1000.- à partir de la première année d’apprentissage
  • Une CCT pour les employé.es cantonaux.ales: Des salaires au-dessus de 5000.- et une réduction du temps de travail à 35 heures par semaines et une meilleure participation sur le lieu du travail
  • L’abolition du marché du travail secondaire : La création d’emplois inclusifs sur le marché du travail ordinaire, pour plus d’autodétermination, sans exclusion et sans surexploitation des personnes handicapées.

Une économie en faveur de la société

  • Législation sur les soumission pour une attribution juste des tâches publiques: Une attribution des tâches publiques vouées exclusivement aux entreprises qui appliquent les CTT, forment des apprenti.es, créent de la valeur locale et remplissent des critères écologiques
  • Démocratisation des entreprises et des institutions cantonales: Une participation démocratique pour tout.es les employé.es et la population - surtout dans les domaines de l’énergie, la mobilité et la santé
  • Protection des infrastructures critiques: La fusion et la mise sous contrôle public des entreprises énergétiques du canton de Berne (BKW, KWO etc.) et des entreprises de transports (BLS, Bernmobil etc.)

Infrastructure solidaire

  • Hébergements d’urgence: Des offres gratuites d’hébergements d’urgence, sans discrimination et accessibles pour les personne FLINTA et les Sans-Papiers dans l’ensemble du canton
  • Repas de midi gratuit: Des repas financés par le canton dans toutes les institutions de formation pour diminuer les inégalités sociales au quotidien
  • Transports publics gratuits: Des transports publics gratuits dans le canton de Berne, une expansion de l’offre de transports publics, en particulier dans les régions rurales et l’adaptation de l’infrastructure des transports aux normes d’accessibilité.

Assurer le droit à une habitation

  • Expropriation des géants de l’immobilier: L’expropriation des entreprises immobilières commerciales réglée par le canton et promouvoir les organismes poursuivant un intérêt collectif
  • Pas de profits sur nos bails: Le contrôle actif des loyers et l’obligation d’adapter les loyers basés sur les coûts pour les nouveaux bâtiments
  • Promotion de rénovations énergétiques: La promotion publique de l’assainissement écologique afin d’éviter une augmentation des loyers ou l’expulsion des locataires.

Mesures efficaces contre la crise climatique

  • Net-zero d’ici 2035: Un plan contraignant pour la diminution des émissions jusqu’à 2035
  • Promotion de la nourriture végétale: Des menus végétariens comme étant la norme dans les cuisines publiques (hôpitaux, écoles, cantines)
  • Agriculture durable: Une augmentation du financement public, des prix justes pour les producteur·ices et des méthodes de production durables, respectueuses de l’environnement et de la santé de la population au lieu d’une logique de profit et d’export.

Formation pour tous·tes

Les apprenti·es donnent beaucoup et leur repos est souvent négligé. L’apprentissage deviendra plus attractif s’il y a plus de vacances. L’accès aux hautes écoles doit être ouvert à tous·tes es. Les familles vivant dans la précarité doivent obtenir un soutien financier pour leurs enfants.

  • Moins de ségrégation, plus d’inclusion: L’abolition de la sélection au cours de la scolarité obligatoire et la création de structures inclusives afin de combattre la ségrégation validiste
  • Plus de vacances pour les apprenti·es: Au moins 8 semaines de vacances pour tous·tes les apprenti·es du canton de Berne
  • Équité des chances dans la formation tertiaire: L’abolition des taxes d’études et l’élargissement des offres de bourses d’études.

Queer-féminisme

Nous vivons un backlash antiféministe et anti-queer. Les droits à l’autodétermination des femmes et des personnes INTA sont sous attaque et la violence contre les personnes queer est de plus en plus fréquente. Tout cela, alors que la société dépend du travail des femmes et des personnes INTA.

Sans les personnes qui cuisinent, font le ménage, soignent et éduquent, la force de travail des personnes ne peut pas être renouvelée et notre société ne peut plus fonctionner. Une grande partie du travail de “care” est effectué par des personnes FLINTA ou des personnes issues de la migration, souvent sans rémunération ou avec des salaires très bas. Simultanément la violence patriarcale marque le quotidien et le rend plus difficile à de nombreuses personnes FLINTA. Le patriarcat organise l’exploitation, la dépendance et le contrôle au foyer, dans l’espace public, à l’école et dans les relations. Ces dernières années, la violence patriarcale a nettement augmenté en Suisse. Rien que dans le canton de Berne, il y a eu 5 féminicides en 2025 et ce n’est que la pointe de l’iceberg.

Dans ces circonstances, la solidarité est d’autant plus importante. Toutes les personnes ne vivent pas le backlash antiféministe et la montée de l’extrême droite de la même manière. Nous devons comprendre, reconnaître et prendre en compte les expériences intersectionnelles et nous unir dans la lutte pour la libération de toutes les personnes opprimées et exploitées. Un canton de Berne queer-féministe doit repenser le travail, le répartir différement, tout en protégeant les droits des personnes FLINTA et des personnes queer, il doit garantir une protection contre la violence et la discriminiation et mettre en place des mesures de prévention.

Organisation publique du travail du Care

  • Mutualisation du travail du Care: Une organisation en communauté de la garde, des soins et du travail domestique grâce à des crèches municipales démocratisés, des cantines de quartier et des buanderies financés par l'État.
  • Accès gratuit aux prestations de Care: Des accès aux prestations de garde et de soins pour tout le monde, indépendamment du revenu, du statut de séjour et du genre.
  • Conditions de travail équitables dans le secteur du Care: Des salaires au-dessus de 5000.-, une réduction du temps de travail à 35 heures et la possibilité de participer aux décisions concernant les travailleur.euses du secteur du care.

Autodétermination sur nos corps et notre santé

  • Mise en œuvre de l’interdiction des mesures de conversion: La mise en œuvre de l’interdiction des mesures de conversion décidée en 2022 par le grand conseil avec l’introduction d’une structure de signalement et de contrôle.
  • Services de santé pour tout.es: Des offres spécialées pour les personnes queer, trans, inter et non-binaires financées publiquement et tests de dépistage d’ISTs et vaccins gratuits pour tous·tes .
  • Formation à la médecine de genre : Des cours obligatoires sur la médecine de genre, Queer-Health et la diversité de genre dans les formations médicales.
  • Assurer les droits de reproduction: Une contraception gratuite, un avortement sûr, à proximité et pris en charge par l’assurance maladie obligatoire.

Rendre la diversité de genre visible

  • Possibilité d’inscription d’un troisième genre dans toutes les institutions cantonales: L’introduction généralisée de la possibilité d’inscrire un troisième genre dans toutes les institutions cantonales, surtout les écoles, l’administration, les hôpitaux et les universités).
  • Sensibilisation et formation sur les identités queer: Une éducation obligatoire sur les questions queer et de genre pour l’administration, la police et dans les écoles.

Analyse et prévention de la violence patriarcale

  • Étendre l’offre de soutien pour les victimes de violence: Une expansion et un financement durable des foyers d’accueil pour les femmes et personnes queer victimes de violence et l’introduction d’une Hotline 24/7, financée par le canton, pour les victimes de violence sexuelle et sexiste, patriarcale et domestique.
  • Prévention structurelle: Un développement de la formation préventive dans les écoles, l’administration et les sociétés privées, des programmes de prévention facilement accessibles pour les auteurs de violence.
  • Points de contact faciles d’accès pour les personnes victimes de violences: La mise à disposition d’informations et développement des points de contact également pour les enfants, les personnes de langue étrangère, les personnes queer et les victimes masculines.
  • Analyse: Une étude statistique complète sur la violence patriarcale et sexualisée dans les institutions cantonales et la création d’un point de contact pour les employé·es cantonales.aux.

Antifascisme

Le fascisme est en plein essor à l'échelle mondiale. En Suisse aussi, les idéologies et les groupes d'extrême droite gagnent en puissance. De plus en plus de partis bourgeois se positionnent comme des tremplins au fascisme, tandis que l'UDC remporte systématiquement les élections – tout cela est alarmant. Il n'est toutefois pas surprenant que cela se passe maintenant. Des décennies de politique d'austérité et le triomphe du néolibéralisme, même au sein de la social-démocratie, ont conduit à un démantèlement systématique des services publics et à une remise en question constante d'un État social fort. Dans le canton de Berne également, le Grand Conseil a réduit à plusieurs reprises les impôts, tout en réduisant les moyens consacrés à l'éducation et à la santé et en reportant les investissements dans les infrastructures et la protection du climat. Alors que nous, les 99 %, souffrons de l'augmentation du coût de la vie et de la détérioration de notre qualité de vie, les plus riches deviennent de plus en plus riches. Dans ce contexte, la population dans son ensemble est à juste titre mécontente. Le système ne nous protège pas et le capitalisme est une fois de plus en mal d'explications. Au lieu de s'attaquer à la racine du problème et de s'engager en faveur d'un système économique solidaire, les plus riches s'allient sans hésiter à l'extrême droite pour préserver leur richesse et leur pouvoir à tout prix – capitalisme et fascisme vont de pair. Dans ce contexte, le racisme, le validisme et d'autres idéologies discriminatoires sont à nouveau normalisés et institutionnalisés. Nous n'avons pas d'autre choix que de combattre cette tendance.

Le fascisme naît d'une division ciblée, de la peur et de l'abus de pouvoir. Notre réponse est la solidarité, l'éducation et le contrôle démocratique – nous ne devons pas détourner le regard. L'antifascisme doit redevenir une évidence. Un canton de Berne antifasciste doit préserver, entretenir et développer ses infrastructures, créer des systèmes sociaux résilients et garantir une éducation antifasciste.

Pour une politique financière, économique et sociale antifasciste

  • Investissements dans les infrastructures publiques : L’entretien et le développement systématiques des infrastructures cantonales.
  • Soins pour tous·tes : L’accès complet aux soins, y compris dans les régions rurales.
  • Pas de fonds publics pour des projets non-solidaires : pas de fonds publics pour des projets qui favorisent la discrimination ou les inégalités.
  • Pas d'externalisation, ni de privatisation des services publics : pas d'activité économique orientée vers le profit dans les secteurs de la mobilité, du logement, de l'approvisionnement énergétique, de la santé, de l'éducation et de l'aide sociale. (Pour en savoir plus, voir les chapitres « Féminisme queer » et « Pour les 99 % »).

Formation antifasciste

  • Éducation résiliente : Une offre éducative gratuite et accessible, au-delà de la scolarité obligatoire, et des investissements au lieu de coupes budgétaires dans les établissements scolaires.
  • Programmes scolaires : Un enseignement ciblé des principes antifascistes, respect cohérent des normes scientifiques dans les établissements scolaires cantonaux.
  • Enseignant.es : Une meilleure rémunération des enseignant.es, l’élaboration d'un plan d'action pour lutter contre la pénurie d'enseignant·es, l’obligation pour les enseignant·es sans diplôme d'enseignement d'acquérir les qualifications de base dans une HEP en l'espace d'un an, l’allègement de la charge de travail des enseignant.es grâce à la réduction de la taille des classes et du nombre d'heures d'enseignement.

Pour une migration humaine

  • Favoriser la participation sociale : Le droit de vote cantonal pour les étrangèr·es, la naturalisation simplifiée, des cours d'allemand et de français gratuits allant au-delà des connaissances de base, des hébergements collectifs pour les demandeur·euses d'asile dans des emplacements centraux.
  • Améliorer l'accès au travail : Une reconnaissance simplifiée des diplômes étrangers, un permis de travail pour tous·tes les migrant·es dès leur arrivée.
  • Conditions humaines dans le domaine de l'asile :Des offres et un accompagnement adaptés aux besoins (p.ex. meilleure prise en charge des requérant·es d'asile souffrant de troubles psychiques), pas de placement des familles et des mineurs dans des centres de retour, une prise en charge individuelle ; moins de client.es par travailleur·euse social·e dans le domaine de l'asile.

Contre la violence d’extrême droite

  • Protection des personnes concernées : Le développement des centres de consultation, l’aide aux victimes et la surveillance de la violence d'extrême droite dans le canton de Berne.
  • Prévention : Une éducation antiraciste, anti-validiste, queer-féministe et favorisant la démocratie dans les écoles, des programmes de détection précoce et de prévention dans les institutions cantonales.

Contre l’état policier

  • Désarmement systématique de la police : pas d'utilisation de moyens coercitifs pouvant entraîner des blessures graves, voire la mort (p.ex. Taser, balles en caoutchouc, en particulier les balles à forte puissance), l’interdiction des courses poursuites.
  • Mise en place d'alternatives non violentes : la promotion et le développement du travail social de proximité, la priorité aux interventions visant à désamorcer les conflits, avec pour objectif à long terme la suppression de la police.
  • Prévention plutôt que répression : la lutte contre la pauvreté, des programmes de prévention et des projets durables de réinsertion après un séjour en prison plutôt que la répression de la pauvreté et de la criminalité liée à la pauvreté.
  • Service de médiation : Un service de médiation indépendant pour signaler et traiter les cas de violence policière, d'abus de pouvoir, de racisme et de violence sexuelle au sein de la police et par des agents de police, plus de transparence et de contrôles actifs du travail de la police.

Pas de collaboration avec l’extrême droite

  • Pas de collaboration avec l'extrême droite : les personnes qui se considèrent comme démocrates ne doivent pas collaborer avec des forces d'extrême droite ou populistes de droite, en particulier avec l'UDC, qui tolère, voire encourage, de telles positions.