Un programme d’urgence climatique biennois

19.06.2020

Nous voulons voir des actions!

Accepté pendant l’assemblée de membres de la JS Bielingue du 19.06.2020

Le 19 septembre de l'année dernière, le conseil de ville de Bienne a décidé de déclarer l'urgence climatique. La ville de Bienne reconnaît ainsi le réchauffement climatique comme une crise à surmonter qui menace la société dans son entièreté et s'est engagée à orienter sa politique climatique vers l'objectif de 1,5 degré de réchauffement maximal. Il est donc impératif de s'attaquer avec détermination à la crise climatique. Néanmoins, relativement peu de choses ont changé depuis la décision de l’état d’urgence climatique à Bienne. Pour la JS Bielingue, une chose est claire : la ville de Bienne doit maintenant faire tout ce qui est en son pouvoir pour lutter contre la crise climatique. Afin de montrer quelles mesures concrètes la ville de Biel/Bienne doit maintenant prendre à court terme avec la déclaration de l'urgence climatique, la JUSO Bielingue a élaboré un programme d'urgence climatique avec des mesures à concrétiser à court terme. La JS exige que ces mesures socialement responsables soient mises en œuvre immédiatement. Ce n'est qu'ainsi que la ville de Bienne pourra lutter résolument contre la crise climatique et rendre justice à l’état d’urgence climatique.

Mobilité

Une politique climatique conséquente et respectueuse de l'environnement exige la sortie de la société automobile. Avec la déclaration de l'urgence climatique, la ville de Biel/Bienne est maintenant tenue de planifier et de faire avancer cette sortie. Pour répondre aux besoins de mobilité de la population biennoise, Bienne a besoin d'une infrastructure et de services de transport conçus pour les transports publics et la mobilité douce. Nous exigeons donc :

  • La ville de Biel/Bienne s’oppose à l’axe Ouest et tous les projets d'extension de l'infrastructure routière pour le trafic automobile. La ville de Bienne doit défendre avec véhémence cette position dans le processus de dialogue sur l'axe Ouest et l’axe Est ainsi que vis-à-vis du canton et de la Confédération.
  • La ville de Biel/Bienne élabore un plan visant à libérer la ville de voitures d'ici 2030. Dans un Biel/Bienne sans voitures, les routes communales sont pratiquement exemptes de circulation automobile. En sont exclus les organisations de type "blue-light", les groupes de personnes clairement définis (par exemple les personnes à mobilité réduite) et les entreprises qui dépendent obligatoirement d'une voiture, ainsi que les résident.e.s
  • Les transports publics doivent être électrifiés et développés dès que possible. Outre une fréquence accrue, de nouvelles lignes sont nécessaires pour permettre aux habitant.e.s de Bienne d'atteindre tous les quartiers et les communes environnantes de manière rapide et fiable. Les offres doivent être mises à disposition par les institutions publiques dans le cadre du Service public.
  • L'utilisation des transports publics doit être gratuite pour les biennois.es et les citoyen.ne.s des communes environnantes qui contribuent au financement de ce service.
  • Bienne lance immédiatement une offensive cycliste : plusieurs pistes cyclables libres de circulation automobile, sur lesquelles les cyclistes peuvent se déplacer rapidement et en toute sécurité, doivent être mises en place immédiatement. Dans un premier temps, ces
  • Ces mesures doivent être rendues possibles par des barrières temporaires, des interdictions de circuler, etc. avant d'être progressivement garanties à long terme par des mesures structurelles.
  • L'entreprise de location de vélos doit appartenir à la ville et être mis à la disposition de la population biennoise gratuitement.
  • La ville de Biel/Bienne édicte dans le code de la construction de base de toutes les parties de la ville des règles concernant le nombre de voitures autorisées et réduit celui-ci au minimum.

Approvisionnement en énergie

L’abandon des énergies fossiles est impératif et urgent. Il doit être réalisée rapidement et d'une manière socialement responsable. Des réglementations strictes et une expansion massive du chauffage urbain en tant que service public en sont les éléments principaux. L'approvisionnement en énergie est un bien public et doit donc être assuré par une institution publique contrôlée démocratiquement. Les entreprises qui profitent de nos besoins fondamentaux n'ont pas leur place dans le secteur de l'énergie.

  • L’intégration immédiate d'une disposition prévoyant que les nouvelles installations de chauffage non renouvelables ne peuvent plus être installées dans l'agglomération biennoise, dans le règlement de construction de Bienne.
  • Expansion rapide du réseau de chauffage urbain par l'ESB en tant que service public, afin d'offrir aux habitant.e.s de Bienne, dans la mesure du possible, une alternative renouvelable et bon marché par rapport aux systèmes de chauffage à base de combustibles fossiles.
  • La ville de Bienne fait campagne contre toute fantaisie de libéralisation dans les secteurs de l'électricité et du gaz au niveau fédéral et cantonal. Plus l'approvisionnement en énergie sera libéralisé, plus il sera difficile de mettre en œuvre rapidement la transformation du système énergétique. De plus, nous ne voulons pas permettre à des entreprises capitalistes de faire encore plus de profits avec nos besoins de vitaux.
  • L'ESB va développer la production d'électricité par le biais du photovoltaïque dans la ville de Bienne.

Économie et consommation

Notre système économique est la cause principale du réchauffement climatique. Par conséquent, pour surmonter la crise climatique, il est essentiel de dépasser le caractère capitaliste de l’activité économique actuelle, ainsi que la course à la croissance et au profit qui y est associée. C'est la condition pour transitionner vers une société écologique, qui dépasse notre société actuelle de croissance éternelle. La ville doit donc permettre à ses citoyen.ne.s de vivre en dehors des contraintes capitalistes et promouvoir des formes alternatives de commerce et de consommation, favorisant ainsi la sortie de la société de consommation.

  • Chaque fois que cela est possible et raisonnable, l'administration municipale essaie de produire elle-même des biens et des services de manière écologique.
  • L'administration de la ville n'achète des services qu'à des prestataires démocratiques, écologiques et à but non lucratif.
  • Le développement économique de la ville de Bienne se limite à la promotion d'institutions démocratiques, écologiques et à but non lucratif. Les droits de construction ne sont accordés qu'à ce type institutions.
  • La ville de Bienne exploite une plate-forme de partage et met à disposition des locaux et des offres de réparation de matériel dans le but de réduire la consommation et l'utilisation des ressources.
  • La ville de Bienne est libre de publicité par affiches commerciales.
  • Comme alternative à la frénésie de consommation, la ville met à la disposition de la population des espaces publics et des espaces verts où les gens peuvent se rencontrer, échanger des idées et s'amuser sans être obligé.e.s de consommer.
  • Dans les garderies et les écoles de jour, les enfants reçoivent des repas végétaliens et végétariens. Dans les maisons de retraite, la consommation de viande est réduite et seule la viande régionale est proposée.

Éducation

La population a le droit d'être informée de manière transparente sur ses perspectives d'avenir. La thématique de la crise climatique doit donc être traitée en détail dans les écoles. En outre, les écoles doivent également se convertir à un fonctionnement scolaire compatible avec le climat et préparer les enfants à une société respectueuse du climat.

  • La ville propose aux écoles des offres pédagogiques (excursions, ateliers, conférences, jardins scolaires). sur le climat et d'autres sujets pertinents et actuels, indépendamment des entreprises. La ville veille à ce que la crise climatique soit traitée en détail pendant les semaines de projet ou dans les leçons scolaires normales.
  • Dans les cours d'économie domestique de l'école secondaire, les élèves apprennent principalement à cuisiner des plats végétariens ou végétaliens
  • Seules les excursions scolaires écologiques sont autorisées dans les écoles de Bienne.
  • La ville propose des offres éducatives gratuites sur la crise climatique à l'ensemble de la population et soutient les initiatives participatives de la population pour une transformation écologique de la ville.

Financement et responsabilité sociale

La transformation en une ville écologique doit être conçue de manière socialement responsable et ne doit pas faire peser une charge supplémentaire sur les ménages à bas revenus. Au lieu de cela, le changement devrait être payé par ceux qui ont le plus bénéficié du capitalisme fossile et qui sont responsables des plus grands dégâts climatiques : les classes propriétaires et les sociétés capitaliste.

  • Les mesures climatiques doivent être financées progressivement par des taxes et non par des redevances ou des prélèvements qui font peser une charge excessive sur les personnes à faibles revenus.
  • En plus des mesures de protection du climat, Bienne a besoin d'une expansion massive de logements coopératifs et urbains. Il convient d'éviter les menaces d'augmentation des loyers, qui résultent probablement de la réduction des embouteillages et de la conception attrayante de l'espace public.
  • La ville s'oppose activement à la concurrence fiscale intercantonale et internationale et s'engage dans toute la Suisse en faveur d'une politique financière redistributive qui permettra de financer les mesures de protection du climat.